LE ZEN : LA RELIGION DE LA NON-RELIGION

 
Science Spirituelle appliquée aux arts martiaux et à la vie
"Quel était ton visage avant la naissance de tes parents ?"
 

 Tandis que le bouddhisme, né en Inde, envahissait lentement toute l’Asie, siècle après siècle, tel un fleuve puissant, il commençait à subir lui-même, l’influence des différents pays où il se propageait. Il atteignit la Chine dès le Ier siècle après Jésus-Christ, et gagna à travers elle la Corée et le Japon.

Au cours de cette transmigration, il s’enrichit de nouvelles formes d’enseignements sans en trahir le fond, parmi lesquelles une en particulier, sous son nom japonais de Zen, allait susciter un intérêt exceptionnel hors de ses frontières, notamment en Occident du XXe siècle, assimilé à la légère comme une sorte d’ « existentialisme » extrême – oriental.

En simplifiant, on pourrait dire que le Zen est un mélange de mysticisme indien et de « naturalisme » chinois marqué par le tempérament japonais. L’origine de son nom donne des indications sur sa génèse historique : Zen est la forme japonaise du mot chinois
ch’an, qui est lui-même une transposition dans la langue chinoise du mot sanscrit dhyàna, lequel signifie « méditation » ou plus exactement dans le concept oriental « contemplation conduisant à un plus haut état de conscience »,  « union avec la Véritable Réalité ».

On retrouve à la fois l’antique mysticisme du brahmanisme indien – religion hindouiste vouée au culte des divinités, telles que Vishnu, Shiva et une multitude d’autres - que Bouddha a récusé de sa doctrine, et les influences de l’humanisme pragmatique propres au pays de Confucius et de Lao-Tseu.

Bien qu’on puisse considérer le Zen comme issu de l’école mahayaniste, il mérite d’être traité à part, comme une Voie de Sagesse distincte des autres, à cause de ses méthodes propres inspirées de la philosophie chinoise.

Le but avoué du Zen n’est autre que celui du Bouddha lui-même, à savoir l’accession à une connaissance absolue au-delà de toute impermanence et de tout principe de contradiction. L’état de conscience appelé
satori dans le vocabulaire Zen est comparable en tout point à l’ « illumination » que connût Bouddha au cours de ses méditations. Le Zen se fonde fermement sur certaines exhortations du Bouddha, dont sa fameuse formule : « Regarde en toi, tu es le Bouddha ».

Le Zen ne prit vraiment racine au Japon qu’au XIIIe siècle. Il est impossible de dissocier la philosophie du Zen de l’art, des disciplines martiales et des principes, grâce auxquels le Zen est arrivé jusqu’à nous dans sa forme quasiment originelle, ayant subit très peu de modifications.

Avant l’américanisation du Japon, presque toute la culture de ce pays devait son caractère aux « préceptes » du Zen, traduits dans une esthétique particulière. Des traits tels que la simplicité, le naturel, la sérénité, l’asymétrie, et une certaine expression du vide ont personnalisé pendant des siècles l’architecture japonaise, la manière japonaise de concevoir maisons et jardins, aussi bien le théatre No, l’arrangement des fleurs, la poterie, la peinture et la calligraphie, ou encore le code des samouraïs,
Bushido, et la pratique de tous les arts martiaux : judo, kendo, aïkido, karaté-do, kyudo, etc…Do signifiant « la Voie ».

Tous ces arts et toutes ces techniques martiales constituent les diverses « voies » du Zen, appelées
do, et considérées comme des expressions de la Conscience zenniste, appliquées dans la vie quotidienne.

Ceux qui sont capables d’accomplir une de ces do, restent constamment en contact avec le sens profond du Zen, et peuvent ainsi parfois atteindre sur le plan intérieur une unité qui transcende la fusion corps-esprit.

Dont les « exploits techniques » dans le domaine des arts martiaux par exemple, peuvent quelque peu dérouter le raisonnement logique occidental, mais qui se révèlent une preuve manifeste de l’efficacité zenniste. La doctrine fondamentale du Zen n’étant pas facile à définir, elle repose plus sur l’intuition que sur l’explication et attache plus d’importance à l’expérience qu’à la théorie.

Pour atteindre le satori le Zen prône le  non-agir, le lâcher-prise, la vacuité de l’esprit. Des lois aussi paradoxales ne peuvent être comprises par la seule intelligence, mais seulement apprises au travers d’une pratique quotidienne et assidue.

Le Zen ne souhaite imposer aucun diktat de pensée,  et ne souhaite en aucun cas se suppléer à l’intelligence intellectualisée. Il offre d’autres méthodes pour inciter ses adeptes à dépasser les processus ordinaires de la pensée dualiste et dialectique, elles enseignent à « voir directement dans le cœur (esprit) de l’homme »  ou « dans sa propre nature », qui est la voie de la libération.

C’est alors seulement que cet éternel intrus qu’est le moi est tenu à l’écart pour laisser exprimer sa véritable Conscience exempte de toutes conceptions intellectuelles qui nous conditionnent.

Le Zen ne possède pas d’ « écritures saintes » et n’exige aucune adhésion implicite de ses adeptes. Il utilise certains textes Bouddhistes dans la mesure où ils mettent l’accent sur la « découverte personnelle ».

A tendance profondément bouddhiste dans son attachement sans compromis à l’expérience individuelle. C’est dans son refus de tout dogme et de tout rituel mystique voué à un dieu imaginaire, que réside sa véritable spiritualité.

Le Zen s’est ainsi débarrassé de la plupart des fondements traditionnels des autres religions ou théologies. Il ne saurait être question de croire ou de vénéré un dieu personnel extérieur à notre monde créateur du cosmos et de l’homme.

Pour le Zen, l’univers est une substance unique, indissoluble, indissociable,un Eternel Tout dont l’homme n’est qu’une infime partie, un fragment de ce Grand Tout....

Le Zen,n'est pas un système de penser fonder sur la raison. 

La découverte de cette Réalité,tel est l’objectif du Zen…