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Siddhartha
Gautama, universellement connu sous le nom de Bouddha, était le fils d’un rajah
régnant sur une riche principauté située à la frontière méridionale de l’actuel
Népal.
Son père l’éduqua de telle façon qu’il ne fût en aucun moment en contact
avec la misère ou le malheur,
de manière qu’il ne fût pas amené à se
poser des questions gênantes sur les injustices de la vie et du monde.
Mais le
jeune prince était doté d’un esprit curieux et ouvert. Lorsqu’il eût atteint
l’adolescence, il désobéit à son père et, accompagné d’un fidèle serviteur,
il se
rendit dans les villages voisins pour découvrir d’autres facettes de la
vie, hors de son monde royal.
Au cours de ces sorties,
il allait
voir 4 choses qui transformeront pour toujours samanière de penser. Ces 4
choses, appelées dans la littérature bouddhiste :les Quatre Signes, furent
un vieillard, un malade, un cadavre et un saint homme qui mendiait.
Lorsque
Siddhartha découvrit ainsi la vieillesse, la maladie et la mort, consterné,il
harcela de questions son serviteur qui ne put que lui répondre :
« Oui,
mon prince, ces choses
arrivent à tous les hommes, sans exception. »
Dans ce cas,
s’étonna
Siddhartha, comment les humains supportent-ils leur destin, qui implique
souffrance, misère et, s’achève par la diminution physique et morale, puis la
mort ?
Telle fut sa première perception de la dislocation humaine,
quel
pouvait être le sens de la vie ?
C’est alors qu’il rencontra un saint
homme. Sur son visage serein, Siddhartha crut lire un début de réponse à ses
questions angoissées.
Cependant,son tourment intérieur devint si grand que le
jeune prince se sentit poussé à renoncer à jamais à sa vie heureuse et
protégée, à abandonner sa jeune épouse et son fils, et à partir seul,à la
recherche de la Vérité. Il s’enfuit une nuit, tel un voleur.Ce départ est connu
dans les annales bouddhistes sous le nom de Grand Renoncement, un des thèmes
favoris de la recherche intérieure.
Il échangea ses vêtements de
prince contre des haillons et entreprit ainsi la première étape de sa longue
recherche de la Vérité.
C’était le temps où la Chine
donnait naissance à Confucius et Lao Tseu, la Perse à Zoroastre, la Grèce à
Pythagore, le temps aussi pour le prince Siddhartha de supplier l’initiation de
maîtres réputés.Mais ce qu’on lui enseignait n’était pas ce qu’il
cherchait.
Quoi qu’il en soit,
déçu par ses professeurs, une fois encore il
poursuivit son chemin, seul. Fatigué de ses longues errances, il décida de vivre
en ascète solitaire. Il passa sept années dans la forêt, en ermite,pratiquant les
plus sévères disciplines morales.
Il réussit ainsi à vaincre ses appétits
physiques et à acquérir un contrôle plus strict de son esprit, sans pour autant
atteindre le stade ultime de la Lumineuse Vérité.Affaibli, affamé, découragé,
il
se sentit au seuil de la mort.
C’est alors qu’il connut contre tout espoir une
révélation qui allait jouer un rôle capital dans l’histoire du bouddhisme et
marquer la véritable rupture avec l’hindouisme traditionnel :
Siddhartha comprit dans une
Illumination Fulgurante de sa Conscience éveillée, que le corps humain était
l’instrument même grâce auquel l’homme pouvait atteindre
l’Illumination.
Pourquoi dès lors,
soumettre cet instrument merveilleux et
irremplaçable à des mortifications anormales et excessives ? A cet instant
précis, l’ermite de 35 ans qu’il était devenu décida de revenir à un mode de vie
plus naturel.
Siddhartha reprit sa position familière de méditation,
dite de
« lotus »,sous un figuier qui allait devenir l’Arbre de Bodhi, l’Arbre
de la Sagesse ou de l’Illumination.
Aucun homme ne peut expliquer à un
autre ce qu’est l’Illumination, et le Bouddha
(« l’Eveillé ») ne tenta pas de le faire.
Mais quoi qu’elle fût
pour lui, elle apporta la Réponse à toutes ses questions.
Les liens qui l’avaient
enchaîné aux irréalités de l’existence humaine étaient à jamais brisés et il
chanta un hymne de triomphe, que Bouddha avait vaincu en accédant à une
Conscience plus élevée que celle de son moi personnel et limité :
Plus d’une
maison de chair m’a tenu captif Alors même que je
cherchais à connaître
Celui qui avait bâti cette prison des sens… Amère fut
mon incessante lutte ! Mais à
présent je Te connais, Toi, le
bâtisseur de cette demeure des illusions ! Jamais
plus Tu ne relèveras Ces murs
de souffrances…
Ta maison est brisée et son toit éventré !
S’étant libéré de tous liens
terrestres, Bouddha aurait pu, par la vertu de ce suprême détachement, quitter
aussi le plan physique.
Il choisit de ne
pas le faire, et ce choix allait être à l’origine de certains principes du
bouddhisme touchant la « responsabilité envers autrui ».
La décision du Bouddha n’est pas
considérée comme facile. Qu’il ne sera pas aisé d’enseigner aux autres la voie
de la découverte de soi et de la délivrance. Quel que fût son effort, ne se
révèlerait-il pas vain ? Il hésitait…
Lui serait-il possible de
transmettre à d’autres sa merveilleuse découverte, cette vérité « à
contre-courant, profonde, intime, subtile, cachée, qui ne pouvait être atteinte par
le simple raisonnement » ?
Enfin, « l’infinie
compassion du cœur de Bouddha » l’emporta, l’Illuminé prit en charité le
sort de ses contemporains, sur quoi il se leva, quitta l’Arbre de la Sagesse et
se mit en route pour accomplir sa mission désintéressée, dans le plus complet
dénuement.
Il symbolise en effet le sacrifice personnel d’un être qui,
bien
qu’ayant assuré son propre salut, se détourne de la « porte ouverte »
pour aider ses semblables à atteindre le point auquel ses efforts lui ont déjà
permis d’accéder.
Il commenca à enseigner ses 4
Saintes Vérités à cinq ermites de rencontre qui s’attachèrent à ses pas et
devinrent ses disciples directs.
1.Personne ne peut nier que
l’existence implique beaucoup de souffrance pour tous les humains.
2.Cette souffrance,
comme toute
insatisfaction, est causée par le fait que les humains sont soumis à leurs
désirs, à leur avidité de posséder et, surtout, à leur égocentrisme.
3.L'’égocentrisme,
l’avidité, et la
convoitise peuvent pourtant être compris, surmontés et détruits.
4.Cette délivrance peut être
atteinte en suivant une voie rationnelle de comportement sur le plan de la
pensée, de la parole et des actes.
En réponse à ce constat il élabore
un Chemin à 8 Branches, qui est l’élément de base de sa doctrine, tendant à la
délivrance de l’homme infirme qui, identifie son esprit à son corps.
Les 8 règles
dont la rigoureuse observance éliminera
la souffrance en donnant à l’homme une connaissance exacte du sens de la vie et
des valeurs sont énoncées ainsi :
I -Tu dois d’abord voir clairement où est le mal en toi.
II -Tu dois ensuite décider
de guérir
III -Tu dois agir et,
IV - Parler dans le seul but d’être guéri
V -Ton mode de vie ne doit pas être en contradiction avec ta
décision de guérir
VI -Cette décision doit-être maintenue à un rythme supportable,sans
tenir compte du facteur temps
VI I-Tu dois y penser sans
cesse et...
VIII- Apprendre à méditer avec ton
esprit profond.
Il mit en garde contre un
dogmatisme excessif : la doctrine devait être considérée non pas comme une
fin mais comme un moyen. Imaginons , disait-il, un homme qui a traversé un fleuve
sur un radeau : le tiendrait-on pour un sage s’il poursuivait son
itinéraire en portant le radeau sur son dos ? Le radeau n’est pas la chose
importante ; le véritable objectif est de traverser le fleuve…
A l’un d’eux qui lui demandait
s’il devait vivre en ermite dans un lieu isolé,il répondit simplement :
« Que celui qui souhaite
habiter dans la forêt le fasse et que celui qui souhaite vivre dans un village
le fasse également. »
Ce qui importait n’est pas
l’endroit où l’on vivait mais la manière dont on s’appliquait à chercher la
Vérité.
Jusque sur son lit de mort,
à 83
ans, le Bouddha accorda à ses disciples la permission de modifier les préceptes
mineurs s’ils le jugeaient bon, car ce qui comptait vraiment était l’effort
individuel consenti.
Mais jusqu’à aujourd’hui,tous les
bouddhistes se réfèrent aux textes sacrés de la doctrine originelle.
Le Bouddha a consacré sa
vie, suivant des méthodes qui ont conduit de grands esprits occidentaux à voir
en lui un « médecin spirituel » exceptionnel, le premier à avoir
découvert la cause de la « maladie mortelle » des hommes et à
proposer un remède possible.
Effectivement,
il ya plus de 2000 ans, ce subtil
analyste pénétra par intuition le mystère de certains états psycho-pathologiques
que le vocabulaire scientifique actuel définit comme : « traumatisme de la
naissance, pathologie de la maladie, morbidité de la décrépitude, phobie de la
mort ».
Les dernières paroles de
Bouddha, sont significatives : « La putréfaction est inhérente à
toutes choses…Travaillez avec diligence à votre propre salut ».
C’est sur
ces mots qu’il quitta le monde terrestre.
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