- BOUDDHA -

 
Comprendre  l’Origine de la Consciente Voie
 

563 – 480 avant Jésus-Christ

Siddhartha Gautama, universellement connu sous le nom de Bouddha, était le fils d’un rajah régnant sur une riche principauté située à la frontière méridionale de l’actuel Népal.

Son père l’éduqua de telle façon qu’il ne fût en aucun moment  en contact  avec la misère ou le malheur, de manière qu’il ne fût pas amené à se poser des questions gênantes sur les injustices de la vie et du monde.

Mais le jeune prince était doté d’un esprit curieux et ouvert. Lorsqu’il eût atteint l’adolescence, il désobéit à son père et, accompagné d’un fidèle serviteur, il se rendit dans les villages voisins pour découvrir d’autres facettes de la vie, hors de son monde royal.

Au cours de ces sorties, il allait voir 4 choses qui transformeront pour toujours samanière de penser. Ces 4 choses, appelées dans la littérature bouddhiste :les Quatre Signes, furent un vieillard, un malade, un cadavre et un saint homme qui mendiait.

Lorsque Siddhartha découvrit ainsi la vieillesse, la maladie et la mort, consterné,il harcela de questions son serviteur qui ne put que lui répondre :

« Oui, mon prince, ces choses arrivent à tous les hommes, sans exception. »

Dans ce cas, s’étonna Siddhartha, comment les humains supportent-ils leur destin, qui implique souffrance, misère et, s’achève par la diminution physique et morale, puis la mort ?

Telle fut sa première perception de la dislocation humaine, quel pouvait être le sens de la vie ?

C’est alors qu’il rencontra un saint homme. Sur son visage serein, Siddhartha crut lire un début de réponse à ses questions angoissées.

Cependant,son tourment intérieur devint si grand que le jeune prince se sentit poussé à renoncer à jamais à sa vie heureuse et protégée, à abandonner sa jeune épouse et son fils, et à partir seul,à la recherche de la Vérité. Il s’enfuit une nuit, tel un voleur.Ce départ est connu dans les annales bouddhistes sous le nom de Grand Renoncement, un des thèmes favoris de la recherche intérieure.

Il échangea ses vêtements de prince contre des haillons et entreprit ainsi la première étape de sa longue recherche de la Vérité.

C’était le temps où la Chine donnait naissance à Confucius et Lao Tseu, la Perse à Zoroastre, la Grèce à Pythagore, le temps aussi pour le prince Siddhartha de supplier l’initiation de maîtres réputés.Mais ce qu’on lui enseignait n’était pas ce qu’il cherchait.

Quoi qu’il en soit, déçu par ses professeurs, une fois encore il poursuivit son chemin, seul. Fatigué de ses longues errances, il décida de vivre en ascète solitaire. Il passa sept années dans la forêt, en ermite,pratiquant les plus sévères disciplines morales.

Il réussit ainsi à vaincre ses appétits physiques et à acquérir un contrôle plus strict de son esprit, sans pour autant atteindre le stade ultime de la Lumineuse Vérité.Affaibli, affamé, découragé, il se sentit au seuil de la mort.

C’est alors qu’il connut contre tout espoir une révélation qui allait jouer un rôle capital dans l’histoire du bouddhisme et marquer la véritable rupture avec l’hindouisme traditionnel :

Siddhartha comprit dans une Illumination Fulgurante de sa Conscience éveillée, que le corps humain était l’instrument même grâce auquel l’homme pouvait atteindre l’Illumination.

Pourquoi dès lors, soumettre cet instrument merveilleux et irremplaçable à des mortifications anormales et excessives ? A cet instant précis, l’ermite de 35 ans qu’il était devenu décida de revenir à un mode de vie plus naturel.

Siddhartha reprit sa position familière de méditation, dite de « lotus »,sous un figuier qui allait devenir l’Arbre de Bodhi, l’Arbre de la Sagesse ou de l’Illumination.

Aucun homme ne peut expliquer à un autre ce qu’est l’Illumination, et le Bouddha  (« l’Eveillé ») ne tenta pas de le faire. Mais quoi qu’elle fût pour lui, elle apporta la Réponse à toutes ses questions.

Les liens qui l’avaient enchaîné aux irréalités de l’existence humaine étaient à jamais brisés et il chanta un hymne de triomphe, que Bouddha avait vaincu en accédant à une Conscience plus élevée que celle de son moi personnel et limité :

Plus d’une maison de chair m’a tenu captif
Alors même que je cherchais à connaître
Celui qui avait bâti cette prison des sens…
Amère fut mon incessante lutte !
Mais à présent je Te connais,
Toi, le bâtisseur de cette demeure des illusions !
Jamais plus Tu ne relèveras
Ces murs de souffrances…
Ta maison est brisée et son toit éventré !

S’étant libéré de tous liens terrestres, Bouddha aurait pu, par la vertu de ce suprême détachement, quitter aussi  le plan physique. Il choisit de ne pas le faire, et ce choix allait être à l’origine de certains principes du bouddhisme touchant la « responsabilité envers autrui ».

La décision du Bouddha n’est pas considérée comme facile. Qu’il ne sera pas aisé d’enseigner aux autres la voie de la découverte de soi et de la délivrance. Quel que fût son effort, ne se révèlerait-il pas vain ? Il hésitait…

Lui serait-il possible de transmettre à d’autres sa merveilleuse découverte, cette vérité « à contre-courant, profonde, intime, subtile, cachée, qui ne pouvait être atteinte par le simple raisonnement » ?

Enfin, « l’infinie compassion du cœur de Bouddha » l’emporta, l’Illuminé prit en charité le sort de ses contemporains, sur quoi il se leva, quitta l’Arbre de la Sagesse et se mit en route pour accomplir sa mission désintéressée, dans le plus complet dénuement.

Il symbolise en effet le sacrifice personnel d’un être qui, bien qu’ayant assuré son propre salut, se détourne de la « porte ouverte » pour aider ses semblables à atteindre le point auquel ses efforts lui ont déjà permis d’accéder.

Il commenca à enseigner ses 4 Saintes Vérités à cinq ermites de rencontre qui s’attachèrent à ses pas et devinrent ses disciples directs.

1.Personne ne peut nier que l’existence implique beaucoup de souffrance pour tous les humains.

2.Cette souffrance, comme toute insatisfaction, est causée par le fait que les humains sont soumis à leurs désirs, à leur avidité de posséder et, surtout, à leur égocentrisme.

3.L'’égocentrisme, l’avidité, et la convoitise peuvent pourtant être compris, surmontés et détruits.

4.Cette délivrance peut être atteinte en suivant une voie rationnelle de comportement sur le plan de la pensée, de la parole et des actes.

En réponse à ce constat il élabore un Chemin à 8 Branches, qui est l’élément de base de sa doctrine, tendant à la délivrance de l’homme infirme qui, identifie son esprit à son corps.

Les 8 règles dont la rigoureuse observance  éliminera la souffrance en donnant à l’homme une connaissance exacte du sens de la vie et des valeurs sont énoncées ainsi :

I     -Tu dois d’abord voir clairement où est le mal en toi.

II    -Tu dois ensuite décider de guérir

III   -Tu dois agir et,

IV  - Parler dans le seul but d’être guéri

V   -Ton mode de vie ne doit pas être en contradiction avec ta décision de guérir

VI  -Cette décision doit-être maintenue à un rythme supportable,sans tenir compte du facteur temps

VI I-Tu dois y penser sans cesse  et...

VIII- Apprendre à méditer avec ton esprit profond.

Il mit en garde contre un dogmatisme excessif : la doctrine devait être considérée non pas comme une fin mais comme un moyen. Imaginons , disait-il, un homme qui a traversé un fleuve sur un radeau : le tiendrait-on pour un sage s’il poursuivait son itinéraire en portant le radeau sur son dos ? Le radeau n’est pas la chose importante ; le véritable objectif est de traverser le fleuve…

A l’un d’eux qui lui demandait s’il devait vivre en ermite dans un lieu isolé,il répondit simplement :

« Que celui qui souhaite habiter dans la forêt le fasse et que celui qui souhaite vivre dans un village le fasse également. »

Ce qui importait n’est pas l’endroit où l’on vivait mais la manière dont on s’appliquait à chercher la Vérité.

Jusque sur son lit de mort, à 83 ans, le Bouddha accorda à ses disciples la permission de modifier les préceptes mineurs s’ils le jugeaient bon, car ce qui comptait vraiment était l’effort individuel consenti.

Mais jusqu’à aujourd’hui,tous les bouddhistes se réfèrent aux textes sacrés de la doctrine originelle.

Le Bouddha a consacré sa vie, suivant des méthodes qui ont conduit de grands esprits occidentaux à voir en lui un « médecin spirituel » exceptionnel, le premier à avoir découvert la cause de la « maladie mortelle » des hommes et à proposer un remède possible.

Effectivement, il ya plus de 2000 ans, ce subtil analyste pénétra par intuition le mystère de certains états psycho-pathologiques que le vocabulaire scientifique actuel définit comme : « traumatisme de la naissance, pathologie de la maladie, morbidité de la décrépitude, phobie de la mort ».

Les dernières paroles de Bouddha, sont significatives : « La putréfaction est inhérente à toutes choses…Travaillez avec diligence à votre propre salut ».

C’est sur ces mots qu’il quitta le monde terrestre.