ZANSHIN
L'Esprit de l'Art du Combat
2011/2012

 

 

 

PRINCIPES ELEMENTAIRES DU TRAVAIL EN KARATE-DO

 

Se distinguent 3 niveaux de travail bien déterminés:

Gédan: (niveau bas)
En dessous de la ceinture. Zone cuisses, genoux, mollets,tibias, pieds.
Chudan:  (niveau moyen)
Au-dessus de la ceinture, jusqu'à la ligne des épaules. Zone abdomen, côtes, pectoraux, plexus, clavicules, épaules.
Jodan: (niveau haut)
Zone épaules, et surtout au-dessus, cou, tête, tempes, sommet du crâne.

LES TECHNIQUES DE JAMBES

S'exécutent sur deux plans différents:

Kékomi: Pénétrant, défonçant.Sur un plan strictement horizontal et vers l'avant
Keagé: Remontant, fouetté. Sur un plan vertical de bas en haut

LES KIHONS, LES KATAS, LES KUMITES

Les kîhons:
C'est un travail individuel, où l'on exécute des techniques en progressant en ligne au rythme d'un tempo donné par le professeur.
C'est dans cette phase que l'on apprend l'exécution exacte des techniques, que l'on travaille de manière progressive et répétitive afin d'en acquérir l'automatisme. Les techniques sont accomplies séparément ou combinées.
On affine la stabilité, la vélocité, le kimé ( déploiement d'énergie à l'impact), la respiration et la technique.
C'est un travail solitaire qui exige de la motivation, mais indispensable dans la progression.

Les Katas :
C'est un enchaînement de techniques apprises lors du kihon, qui simule un combat imaginaire contre un ou plusieurs adversaires.
Les gestes techniques se suivent dans un ordre codifié et pré-établi, constituant un shéma précis et immuable. (Embusen)
L'apprentissage commence par une assimilation progressive des mouvements, mémorisés les uns après les autres.
C'est un exercice très difficile, car pour donner un sens au kata, il faut imaginer des adversaires qui nous attaquent.
Les qualités acquises lors du kihon doivent se retrouver dans les katas. Un kata ne s'exécute pas en ligne, mais dans toutes les directions des points cardinaux.
Un kata bien maîtrisé et executé dans l'esprit, doit se vivre à l'intérieur de soi, comme un véritable combat..
Chaque kata possède son propre rythme. La respiration, le kimé, la stabilité, la technique pure et la sensation de combat réel seront notés lors de l'exécution d'un kata.
Les Katas portent un nom et ils sont classés dans trois catégories (de base, avancé et supérieur).
Ils commencent tous par un blocage pour respecter l'idée d'auto-défense que symbolise le karaté-do.
De plus ils commencent tous par la gauche, car la gauche (hidari) symbolise l'esprit et la droite (migi) la matière.
C'est donc l'esprit qui prend le dessus par rapport à la matière.
De manière générale, tous les exercices commencent par la gauche, sauf spécification contraire Sensei ( professeur; celui qui montre la voie).

LES KUMITES: ASSAUTS CONVENTIONNELS

Il existe plusieurs formes de base de Kumités qui,cette fois,se fait avec un partenaire.
L'attaquant est appelé tori, et le défenseur uke.

Ippon Kumité:
Ippon signifiant 1, attaque et défense sur 1 seul pas, ou technique.

Le Sanbon Kumité :
Sanbon signifie 3, c'est donc le même exercice que Ippon Kumité mais avec 3 attaques. On peut changer les attaques dans les 3 phases.

Le Gohon Kumité :
Gohon signifie 5, c'est donc un enchaînement prédéterminé de 5 attaques qui seront bloquées par Uké, lequel devra terminer la série par une contre attaque mettant fin à l'exercice. L'effort fournit sur 5 attaques permet de travailler l'endurance.

Dans ces 3 formes de pratique, la technique doit être respectée autant que dans les kihons ou dans les Katas (notamment la conservation des positions durant tout l'exercice). On doit travailler de la même façon, mais avec un partenaire.
Les techniques sont connues, ainsi que l'attaquant et le défenseur.

Jyu Ippon Kumité:
Jyu signifie libre, c'est-à-dire que l'attaque est libre ainsi que les positions. On peut annoncer ou pas la technique, le fait de ne pas l'annoncer représente bien évidemment un niveau supérieur.
Uké ou Tori sont encore définis dans cet exercice, en les désignant comme "attaquant" et "défenseur".
L'attaque étant libre, il faudra faire attention à ne pas attaquer n'importe quoi, mais tenir compte de la distance du partenaire, de sa garde…

Jyu Kumité ou randori:
Jyu (libre), Kumité (assaut), c'est donc un assaut libre.

Cette fois il n'y a plus rien de déterminé à l'avance, ni l'attaquant, ni le défenseur.
Cela correspond tout simplement au combat. C'est un échange de techniques dont le but est de toucher son partenaire avec une vraie technique de karaté-do sans que celui-ci ne puisse riposter.
La chose la plus importante lors de ce travail est la concentration car cette fois vous ne travaillez pas seul. Pour éviter de prendre des coups il faut rester concentré sur son partenaire. Le fait de connaître la prochaine technique qui va vous être lancée, ne vous dispense pas de cette concentration. Le partenaire peut toujours se tromper et attaquer en haut au lieu d'attaquer en bas comme vous aviez prévu.
Respectez la technique, car on a tendance à la négliger lorsque l'on travaille avec un partenaire. Il ne faut pas se satisfaire d'avoir bloqué une attaque, mais se demander de quelle manière nous l'avons bloquée. Cela ne sert à rien de travailler des techniques si lors de la mise en application on ne l'exécute pas comme il faut.
Essayez de ne pas faire d'appels lors de vos attaques, d'ailleurs cela se travaille aussi en kihon. Il faut être spontané et imprévisible. Il faut garder la plus grande efficacité dans ces attaques, ne pas décoller le talon par exemple lors des gyaku zuki par exemple. En karaté traditionnel, le non-respect de ces règles techniques annule la valeur du point. Il ne suffit pas de toucher mais de toucher avec une technique possédant tous les critères techniques qui lui permette de conserver son efficacité.
C'est dans la répétition que l'on obtient la perfection. Restez vigilant, car la répétition peut aboutir à l'habitude, et de ce fait, la concentration s'amoindrit.
Il ne faut pas se relâcher.

EN-BU

Existe uniquement en traditionnel, c'est un assaut ou tout est codifié, une sorte de scénario de combat d'une durée d'une minute plus ou moins cinq secondes.
On doit y voir un Mae géri, tsuki, Ushiro et mawashi et terminer le combat par le TODOME WAZA (Coup final).

En karaté sportif:
Tori
va faire un mae géri et uké va le bloquer et le contrer d 'un gyaku et donc le tuer symboliquement ; or le voici de nouveau en place pour continuer ses attaques comme si de rien n'était.

En karaté-do traditionnel:
Pour garder l'authenticité du combat, ce n'est qu'à la fin qu'il y a un gagnant (toujours uké) avec le Todomé waza.
On ne peut tuer plusieurs fois son adversaire dans un même combat. C'est cette recherche et cette philosophie du todomé-waza qui différencient le karaté-do traditionnel et le karaté sportif.
Il faut être imaginatif et donner une réelle sensation de combat avec des attaques, des blocages, des esquives et des attaques et saisies, en faisant vivre la séquence.

Règles du En-Bu en compétition:
Une équipe de 2 personnes (homme/homme ou homme/femme) exécute une démonstration (attaque et défense) sur une zone de combat.

Les démonstrations devront se dérouler dans les conditions suivantes :
Attaque et défense démontrées sous forme de séquences chorégraphiques durant une période d'une minute
  (avec une marge de 5 secondes).

Le temps est calculé à partir du moment où l'un des combattants commence ses mouvements et continue jusqu'à ce  que les 2 combattants retournent en shizen-tai, (position YOI) ou directement en seiza.

Seules les armes naturelles sont autorisées (poing, pied) à l'exception des techniques de nuki-te, (attaque des doigts aux  yeux).

Coté attaquant:

Les attaques doivent inclure
 choku-tsuki (coup de poing direct, sans déplacement),
Mae geri
 (coup de pied de face), 
Mawashi geri
 (coup de pied circulaire) et USHIRO-GERI (coup de pied arrière).

Remarques : Les attaques doivent être directes sur la cible. La perte d'équilibre, la saisie, et le corps à corps  sont autorisés.

Coté défenseur:
Il devra éviter les attaques de l'attaquant en utilisant blocage, déplacement, esquive...
Les techniques de contre-attaque utilisées sont les
 tsuki (coup de poing direct), les attaques indirectes dites: uchi ( uraken uchi, shuto uchi, haito uchi), 
ate
 (techniques défonçantes telles empi).et geri (coup de pied).

Cibles : Jodan (face, visage), chudan (zone de l'estomac) et gedan (sous l'estomac).
Autorisée : véritable technique de
 TODOME-WAZA (coup définitif).

Remarques
 :  La perte d'équilibre, la saisie et le corps à corps sont autorisés uniquement et conjointement à une technique de contres attaque.

Remarques générales: Le contact est interdit des deux cotés, excepté dans les techniques de blocage sur le bras ou sur le pied, ou quand il  y a perte d'équilibre.
Les deux cotés alternent dans le rôle d'attaquant puis de défenseur ou bien l'un des cotés reste attaquant ou  
 défenseur, à l'exception des mixtes où seuls les hommes peuvent attaquer.

A la fin de la démonstration, le défenseur doit effectuer la technique TODOME-WAZA .
E
n mixte, c'est la femme qui exécute le TODOME-WAZA).

TROIS APPROCHES DEFENSIVES

Go no Sen: Notion correspondand à un "blocage suivi d'une contre attaque". On reprend l'initiative après avoir contrôlé ( en bloquant) l'attaque.
Il faut que le blocage soit efficace, c'est à dire qu'il permette de reprendre l'initiative.
Il faut que l'attaquant soit déstabilisé et incapable d'enchaîner d'autres techniques.
Dans la finalité extrême du combat,il faut bloquer avec suffisamment de puissance à l'impact pour infliger une douleur conséquente, et dissuader l'adversaire de continuer.
Et paradoxalement, dans cet état d'esprit particulier d'anéantir les intentions belliqueuses de l'attaquant, le blocage devient par sa puissance d'application une attaque....

Sen no Sen: Notion correspond à "l'attaque dans l'attaque". On ne bloque plus mais on rentre dans l'attaque en espérant être plus rapide. Cette façon de travailler est plus dangereuse et demande beaucoup plus de Timing et de rapidité.
Il faut contre-attaquer dans le bon temps et dans la bonne distance.

Un partenaire vous faisant face, déclenche une offensive.Donc, il part, il passe à l'action, il prend l'initiative, avant vous.
Votre oeil exercé ayant détecté la menace en marche, vous partez, vous réagissez après lui, donc une fraction de retard, mais votre rapidité et notion de distance compense ce décalage de temps, et votre pied ou votre poing touche le partenaire, avant que son attaque aboutisse.
Pour résumer, il entre en action avant vous, vous réagissez après lui, en lançant votre attaque, qui atteint son but avant la sienne. 
Cela demande de nombreuses années de pratique...

Tai No Sen: Notion quasi occulte, car on entre dans la sphère des perceptions émotionnelles, mentales, sans que le corps est traduit le moindre frémissement d'une intention d'attaque.
Le tai no sen serait plus proche d'un combat d'esprits, où la moindre intention pensée  d'attaquer l'adversaire, est été perçue où capter par la personne opposée, ce qui déclenche immédiatement une réaction foudroyante offensive, alors même que le  corps est resté impassible à l'extérieur...
Cette acuité particulière, permet de neutraliser toute attaque physique avant  même qu'elle ne fût esquisser.

L'ESPRIT TRANSPOSE DANS LA TECHNIQUE

Des légendes urbaines rapportent bien des histoires incroyables, dont celle,plausible,d'une fragile femme d'apparence, qui peut soulever une masse quelconque très lourde pour sauver son enfant coincé dessous.
Au-delà de l'anecdote, qui s'est parfois vérifiée devant témoins, nous avons tous une force extraordinaire latente,en nous.
Elle ne se manifeste, qu'en cas de danger extrême, à condition de ne pas être "paralysé" par la peur.
Il s'agit, par conséquent, de se mettre "sous pression" lorsque l'on travaille en karaté-do afin de puiser dans cette force qui n'attend qu'à être utilisée à bon escient.
Il faut toujours chercher à travailler au-delà de ses possibilités, un proverbe chinois, prétend que, parfois, faire le maximum, n'est pas toujours siffisant pour atteindre l'objectif.
La concentration est omniprésente dans le karaté-do. Nous ne pouvons nous permettre de nous déconcentrer, surtout lorsqu'on travaille avec un partenaire.
Si l'on veut progresser en karaté-do, il faut toujours son esprit éveillé et clair . Cette notion d'éveil est la plus importante dans le karaté-do et porte le nom de zanchin. Quoi que vous fassiez en karaté-do, il faut travailler en ZANSHIN.

" La Technique sans l'Esprit n'est rien "

Effectuer des gestes pour faire des gestes, cela ne sert à rien et il ne se dégagera rien de votre prestation. 

Puisez dans vos souvenirs de jeunesse,notamment de petit garçon, quand dans certains jeux conditionnés par des gages en cas d'échec,où parfois, il s'agissait d' embrasser une fille.C'était une action mécanique sans émotion réelle, sous le regard des copains qui s'esclaffaient de rires.
Plus tard, devenu mature, embrasser l'être aimé, suscite une émotion dans le coeur, et ceux qui vous regardent ne peuvent s'empêcher de penser que vous êtes mignons !

En karaté-do c'est la même chose. 

Le respect:
Dans un dojo (lieu d'entraînement), on respecte son professeur (Sensei), l'assistant (sempai), les élèves (deshi).

On écoute et on ne tient compte des conseils que des personnes que l'on respecte.
Sans respect il n'y a pas de progression possible. Et n'oublions pas que le karaté-do est un Art Martial avec sa hiérarchie et son idéologie Budo.

Les positions:
Les positions sont en karaté, ce que les fondations sont pour une construction, plus les fondations d'une maison seront fortes, plus la maison résistera aux agressions (sismiques par exemple). Sur ces bonnes bases (fondations), nous pourrons ensuite greffer (construire) toutes les techniques. 

Chaque position a sa propre fonction définie, ses avantages et ses inconvénients.

Une bonne position assurera aussi un bon équilibre, et une technique ne pourra être puissante qui si l'équilibre est préservé.

Un autre principe fondamental du karaté-do, c'est le centre de gravité (CDG). Celui-ci est déterminé par la surface dessinée au sol par vos pieds pour chaque position. Tant que votre Centre De Gravité reste à l'intérieur, vous êtes en équilibre, s'il passe en-dehors, vous tombez..
Comme pour une voiture basse à jantes larges afin de mieux tenir la route, nous aussi nous devons travailler bas.
Les muscles, se substituent au carburant.la difficulté est de trouver un juste milieu pour ne pas être ralenti lors du déplacement. Il faudra avoir des positions basses pour bien s'ancrer au sol, sans que cela demande un effort pénible pour se déplacer. 

Il existe dans le shotokan 13 positions (certaines pouvant être modifiées pour donner des variantes).
Pour information : sachez que la position debout naturelle s'appelle Hachiji dachi. Même dans cette "position naturelle" ( shizentai) il faudra faire attention à son Centre De Gravité et à la position de son buste, toujours vertical et à l'aplomb de son centre de gravité. On tombe plus facilement en étant debout, qu'assis.

Conclusion : Plus vous serez stable en bas, donc dans de bonnes positions, plus vous serez fort et efficace en haut.

 

Les forces sollicitées en karate-do:
Avant d'exécuter des blocages, il  est important d'être conscient des forces à mettre en mouvement pour obtenir de l'efficacité maximale.

La force centrifuge ( force de rotation)
Sur une surface circulaire, en mouvement de rotation, un disque, une meule, une roue, un tour de potier, pour l'exemple, si vous essayez de poser à la périphérie, un objet quelconque, il sera irrémédiablement éjecté avec une violence d'expulsion proportionnelle à la vitesse de rotation.
Ce phénomène est provoqué par la "force centrifuge", qui peut rentrer dans le strict champ d'application d'un blocage efficace, ou d'un coup de poing ( tsuki) dévastateur..
Dans le cas d'un blocage, votre bras étant en rotation lorsqu'il rentrera en contact avec le bras adverse,celui-ci sera éjecté.
Plus cette rotation se fera au dernier moment plus elle sera efficace. Si elle est au début du mouvement, elle ne servira qu'à placer le bras dans la position finale et rien d'autre.
Dans ce cas vous n'utiliserez que votre force naturelle, et le blocage s'apparentera plus à une attaque dans le bras de l'adversaire, mais si ce dernier est plus fort physiquement, vous en subirez le désagréable contre-coup., et vous serez défait.
Dans le coup de poing (oi zuki, gyaku zuki), cette force servira à faire "pénétrer l'impact" à l'intérieur du corps. C'est à dire qu'au lieu de frapper avec quelque chose de plat et d'immobile pour pousser, on frappera avec quelque chose qui "tourne" pour "percer" et transpercer..
L'utilisation de cette force se trouve aussi dans toutes les techniques qui font appel à une rotation de la hanche (gyaku zuki, par exemple).

En soto ude uké , blocage de l'extérieur vers l'intérieur,le bras étant armé très haut et loin.derrière l'oreille, lorqu'il va venir bloquer une attaque de poing vers et dans l'axe du buste pris pour cible, l'impact à l'interception de l'attaque, sera la somme de 2 forces centrifuges mises en œuvre après l'autre et qui s'additionnent au final..La première ayant pris naissance à la rotation des hanches, suivie par la rotation de l'avant-bras qui bloque.
La première est plus une force de rotation qu'une force centrifuge, elle sert en fait à lancer la technique. 

La force du "retrait" du bras, (hikite):
Elle est tirée du ying et du yang, c'est à dire du plus et du moins. Je ne m'avencerais pas plus dans la définition de ce caractère.

C'est tout simplement qu'en tirant le poing avant dans une technique, le poing arrière va être aidé dans sa projection vers l'avant. Ce geste de "tirer" ou hikité doit être synchronisé avec le geste de frappe. Cela va donner un effet, " je prends, je donne " qui va améliorer considérablement l'efficacité de la technique. De plus, cela va équilibrer la technique.

Il est évident que chaque technique doit faire intervenir des forces qui lui sont spécifiques.

Il n'y a pas de force de rotation pour mae géri par exemple, ce sera à vous de réfléchir à la question lors de la pratique d'une technique.

LES BLOCAGES

Leur exécution se déroule en 3 phases ::

-Amorce ( armé - préparation )
-Intermédiaire ( exécution- développement )
-Arrivée ou fin ( impact ).

Départ: Stabilité de la base, par une bonne position, haut du corps relâché musculairement.

Intermédiaire:: C'est une phase très importante, car elle va servir à mettre en place tous les éléments physiques à la bonne exécution du blocage. C'est-à-dire la force par rapport à la distance, la force centrifuge et la force du hikité (retrait).

Prenons l'exemple du gedan barai (blocage bas). Le poing est armé au niveau de l'oreille opposée au bras, les phalanges du poing sont orientées et quasiment contre l'oreille.
Car en fin de mouvement, à l'impact,le poing va se tourner vers le sol, et l'avant-bras exécute une rotation au contact,d'où la force centrifuge,
Le fait d'armer à l'oreille, permet de prendre de la distance par rapport à la cible , ce qui implique au poing, un maxima de vitesse, donc de la force.
L'autre bras qui participe à l'obtention d'un blocage efficace,est tendu devant soi, en protection,et sera ramené vivement à la hanche, le poing tournant sur lui-même ( force centrifuge), avec autant de vigueur que le bras qui bloque.
Ce retrait dynamique, hikité, et inverse au bras qui bloque ajoute une part de force, ou de puissance, supplémentaire.

Ces explications sont valables pour tous les blocages.
Ces différentes forces sont présentes dans tous les blocages mais de manière différente.
Cette phase, appelée "armement" est similaire au travail de l'archer qui tend son arc pour décocher une flèche.

La fin: L'instant, le moment, précis et coordonné,la parfaite synchronisation, des extensions maximales, vers l'arrière et fixé au niveau de la hanche pour le poing qui a initialisé hikité, et l'impact du bras qui bloque vers bas,au contact d'interception du membre à bloquer.
Si on extrapole en imaginant une photo prise à cet instant "T", on doit clairement voir, le poing du hikité contre la hanche située sur la trajectoire de retour arrière, et le poing du bras qui a bloqué, 15 cm environ, au-dessus de son genou.
(Pour l'exemple du gedan barai, bien évidemment.)

Dans tous les blocages, le corps est participatif, par l'intermédiaire des appuis au sol, et la sollicitation des hanches qui amorcent les techniques...Il faut travailler avec le ventre (HARA).

Si tous ces principes sont appliqués et respectés à la lettre, l'efficacité des blocages ne sera pas vaine.
Dans l'esprit de l'art martial percutant à l'extrême...Et dans la perspective du combat total...Tout blocage ( défense ), doit contenir obligatoirement, par sa puissance d'application, une attaque ( offensive), et par conséquent parvenir à briser un membre.. Si la situation l'exigeait...

LES ATTAQUES (ATEMIS)

 Le panel offensif est constitué de plus d'une centaine d'attaques différentes en karaté-do.L'art consiste donc, à utiliser d'une manière rationnelle toutes les armes naturelles du corps.

Elles se subdivisent en deux classes distinctes :

-Les attaques des membres supérieurs (Zuki Waza et Uchi Waza)
Pour attaquer les parties moyennes (chudan) et hautes (jodan) du corps humain

-Les attaques
des membres inférieurs (Géri Waza).
Pour attaquer les parties moyennes (chudan) et basses ( gedan) du corps.

Nota: Les attaques de jambes, au niveau du visage ( jodan ), ont été popularisées au cinéma, par Bruce Lee et J.C Vandamme, et autres, pour le pur spectacle.
Mais dans la réalité du combat dramatique, pur et dur, les maîtres d'autrefois destinaient les attaques de poings, au buste, à la tête, voire les zones plus basses...
Et les attaques de jambes, ciblaient essentiellement, le niveau bas (gedan), et moyen ( chudan ),  tibias, genou, cuisse, abdomen, côtes flottantes.
Ils considéraient, que plus une jambe s'élève vers la hauteur, plus elle perd en puissance, sans négliger le risque de se faire déséquilibrer, ou de perdre soi-même l'équilibre, car surface d'appui très faible, reposant entièrement sur un seul pied, ou pointe du pied! 

Les techniques d'attaques doivent être travaillées sans appels, afin de réussir à surprendre l'adversaire. Il faut aussi être très relâché entre les techniques et mettre toute sa puissance lors du verrouillage final de la technique. La puissance, la rapidité et l'efficacité de la technique vont dépendre de cela.

Si vous frappez en étant crispé, vous allez dilapider votre réserve énergétique pour rien. Il faut imaginer que l'on possède un potentiel d'énergie à chaque technique pour frapper, il ne faut rien dépenser lors du transport de l'attaque mais tout donner en phase finale.

Le but ultime en karaté-do est de mettre hors d'état de nuire un adversaire d'un seul coup.

Pour cela il faut être au maximum de son efficacité et mettre toutes les forces de son côté.
La force de rotation va servir à amplifier la frappe ou à percer l'adversaire.Elle va servir à diffuser l'onde de choc dans le corps de l'adversaire.
La force du hikité ( retrait ) est toujours nécessaire à la bonne exécution de la technique.
Il ne faudra pas l'oublier dans les techniques de pieds, en tirant sur les poings ou le poing , inactifs.

Si ces explications paraissent confuses, elles deviendront beaucoup plus claires, dans la pratique et avec l'appui du professeur, lorsque vous les travaillerez.

Travailler avec la zone ventrale et des hanches, est primordial dans l'exercice des techniques d'attaques. Négliger cet apport de force supplémentaire diminuera considérablement l'efficacité d'ensemble.
Cette force mise en jeu, s'appelle aussi la "force de vibration ou de compression".
De manière ludique, imaginez vous amuser dans l'eau de votre bain, en joignant vos deux mains plongées dans l'élement liquide, paume contre paume, une pression est appliquée et l'eau est expulsée.
Et bien, il faut procéder de la même façon avec votre
Hara (ventre).

DÉPLACEMENTS ET ESQUIVES

Pour échapper aux tentatives adverses, d'attaques, le plus logique étant de ne pas se trouver dans l'axe, à l'impact.
Il est nécessaire, de maîtriser la science ou l'art du déplacement et de l'esquive.

Ayumi ashi: (marcher, avancer) : Mettre un pied devant l'autre .

Hiki ashi (reculer) : Mettre un pied derrière l'autre . On remarquera ici la concordance de Hiki ashi et Hikité englobant, tous deux, la notion de retrait ou de recul.

Tsugi ashi (L'un après l'autre) : C'est le pied arrière qui chasse le pied avant. Cela correspond au pas chassé, vers l'avant.
Hiki Tsugi ashi (L'un après l'autre) : C'est le pied arrière qui tire le pied avant. Cela correspond au pas chassé, vers l'arrière.

Yori ashi  (Sursaut avant) : C'est le pied avant qui entraîne le pied arrière.
Hiki Yori ashi  (Sursaut arrièret) : C'est le pied arrière qui entraîne le pied aavant, cela correspond au pas chassé vers l'arrière.

Okuri ashi  (Double pas vers l'avant ) : D'une position de garde, le pied arrière passe et croise le pied de devant qui avance à son tour d'un pas, pour se fixer dans une position de garde.
Hiki okurikuri ashi  (Double pas vers l'arrière) : D'une position de garde, le pied avant passe et croise le pied arrière,qui recule à son tour d'un pas, pour se fixer dans une position de garde.

Mawaté ( 1/2 tour pivot sur soi-même) : Pivoter sur place de 180°, la jambe arrière, devenant la jambe avant dans la direction opposée, et la jambe avant devenant la jambe arrière dans la même direction opposée.

Mawarî ashi ( pivoter sur le pied avant) : Déplacement circulaire.

Ushiro Ashi Mawarî ashi ( pivoter sur le pied arrière ) : Déplacement circulaire

Pour les esquives, les déplacements s'effectuent sur les mêmes principes, dans les directions latérales.
Démontrer la richesse de ses connaissances, en variant les gardes.Tout est envisageable, le but étant de se soustraire de l'axe d''attaque, pour éviter la percussion de l'impact.
Lors d'une esquive, il ne faut pas trop s'éloigner de l'adversaire, car la contre attaque serait alors trop difficile. Il faut aussi esquiver au dernier moment pour que l'attaquant ne change pas sa trajectoire lors de sa frappe. Il faut qu'il pense que son attaque va aboutir, et ce, jusqu'au dernier moment.

Quand l' esquive est correctement bien faite, l'attaquant est déséquilibré.

Pour l'anecdote,   j'ai  vu au cours d'entraînements intensifs, des pratiquants se luxer un coude,eux-mêmes, uniquement parce que l'esquive adverse par une rotation des hanches effectuée au moment opportun, ni tropp tôt ni trop tard, dans un parfait "timing",  et se dérobant à l'attaquant, en créant un vide devant lui, c'est à dire que toute la force engagée dans l'attaque a été néfaste, car le cerveau n'a pas eu le temps de contracter les ligaments pour protéger le bras qui véhiculait une force qu'il espérait tranférer au contact de la cible.

Le même phénomène peut s'interpréter plus aisément si on transborde l'idée dans le cas d'un fotballeur qui veut frapper de toute ses forces pour marquer un but dans une cage de goal, placée à une quinzaine de mètres, par exemple, et que au tout dernier moment, le ballon lui soit oter prestement...Imaginez le préjudice au niveau de l'articulation du genou !

Le corps est doté d'extérocepteurs (les 5 sens), qui lui donnent donc des informations sur les éléments extérieurs, et réagissant en adaptant des schémas moteurs correspondant.
Et en cours d'exécution d'un schéma moteur (geste), il suffit que le cerveau perçoive un changement anormal dans le processus, pour qu'il y aie rétro-réaction, et l'adversaire donc, en conséquence, change ou adapte le geste.
Pour cette raison, si l'esquive est prématurée, l'attaquant aura le temps de modifier sa trajectoire, mais si vous mystifiez son cerveau, vous allez le désorganiser complètement, le perturber dans ses intentions.
Tous les déplacements doivent se faire en conservant les hanches à la même hauteur, parallèle au sol.
Il ne faut ni monter, ni descendre lors d'un déplacement, ne pas faire "la vague" . Il faut bouger avec les hanches en premier lieu.